Guérison ou rémission?

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Le mot "guérison" ne s’applique pas vraiment au cancer.

La plupart des adultes de plus de 50 ans sont les hôtes de tissus qui ne sont plus "normaux", voire le site de plusieurs micro-tumeurs. Des études d'autopsie ont montré que une personne sur trois avait un cancer de la thyroïde non diagnostiqué et apparemment inoffensif au moment de son décès et que 80% des hommes développaient un cancer de la prostate à 80 ans.

Ces tissus peuvent ne jamais évoluer vers une tumeur. Le système immunitaire contraint ces tissus qui restent donc cantonnés dans des limites telles qu'il n'y a pas d’influence perceptible sur notre santé.

De la même façon, c'est une approximation commode de déclarer un cancer "guéri". Un cancer n'est pas apparu de façon inopinée à un endroit bien circonscrit. Il faut aussi un terrain favorable, et une excision chirurgicale n'enlèvera jamais la totalité des cellules pré-cancéreuses, comment le pourrait-elle puisque ces cellules ne sont pas détectés à l'imagerie médicale? En effet une tumeur de la taille d’une noisette est indétectable avec l’imagerie médicale courante.

Parfois, des cellules cancéreuses non détectées, encore présentes dans le corps après le traitement, peuvent causer une récidive ou une rechute. C'est pourquoi ce terme de rémission est spécifique de la cancérologie et diffère de guérison par l'absence de certitude quant à une récidive à court, moyen ou long terme

Dans les pays développés, une personne sur trois développera un cancer au cours de sa vie. Si tous les patients atteints de cancer survivaient et que le cancer se produisait au hasard, le risque de développer un deuxième cancer primitif serait donc de un sur neuf. Cependant, les survivants du cancer ont un risque accru de développer un deuxième cancer primitif et environ deux malades sur neuf développeront un nouveau cancer non lié au précédant. Ce risque s'ajoute à celui de la récidive et celui de la métastase.

Prévenir le choc psychologique de la récidive

La communauté médicale considère de nombreux cancers comme "guéris" lorsque les médecins ne peuvent pas détecter le cancer 5 ans après le diagnostic. Le fait d’avoir annoncé que le patient est guéri (ou débarrassé du cancer) rend d’autant plus dur le choc psychologique de la récidive qui est assez commune.

Ceci d'autant qu'on a instillé l'idée au patient que c'était de sa faute s'il avait eu un cancer, il avait trop bu, trop fumé... Ce n'est jamais la faute de la société ou même de l'état qui gagne beaucoup d'argent avec les taxes sur le carburant, l'alcool, le tabac.

En fait il vaudrait mieux que l’on dise aux patients, que leur cancer est devenu indétectable, mais qu'il faut qu'ils soient prêt à affronter le cas échéant une nouvelle épreuve. Ils pourraient s’y préparer et seraient alors mieux préparés à affronter une autre épreuve.