Le rôle des biomarqueurs néocancéreux dans le diagnostic de la SLA

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A l'interface entre neurodégénérescence et oncologie

De multiples causes peuvent amener la genèse de maladies neurodégénératives primaires et de facon similaire nombre de maladies se manifestent par des symtomes cliniques identiques. Parmi les plus complexes figure le mimétisme de la sclérose latérale amyotrophique (SLA) par les syndromes neurologiques paranéoplasiques (SNP). Si la SLA est traditionnellement considérée comme une maladie idiopathique d'origine protéopathique (des aggrégats de protéines mal formées, mal localisées), des articles récurrents suggèrent qu'un sous-groupe de cas de syndromes du motoneurone (SMN) serait en réalité un épiphénomène d'une affection maligne sous-jacente.

Physiopathologie des syndromes paranéoplasiques

Un syndrome paranéoplasique se définit par des manifestations cliniques systémiques survenant à distance d'une tumeur primitive ou de ses métastases. Contrairement à l’effet de masse direct d’une tumeur, ces syndromes sont induits par deux mécanismes principaux, la production ectopique d’hormones, de cytokines ou de peptides par les cellules tumorales (par exemple, production d’ACTH dans le cancer du poumon à petites cellules) et l'expression par une tumeur d’antigènes onconeuronaux, normalement localisés dans le système nerveux. Le système immunitaire, cherchant à éradiquer la tumeur, produit des anticorps et des réponses des lymphocytes T qui traversent la barrière hémato-encéphalique et ciblent les neurones sains. Ceux-ci se détériorent et provoquent les symptomes de la SLA.

Relation entre l’oncogenèse et la neurodégénérescence

La relation entre l’oncogenèse et la neurodégénérescence motrice est caractérisée par un paradoxe statistique complexe. Les données épidémiologiques suggèrent fréquemment une corrélation inverse entre la survenue d’un cancer et celle de la SLA. Les patients atteints de SLA semblent présenter une incidence de cancer inférieure à la moyenne, et inversement. Ceci a conduit à l'hypothèse que ces deux affections représentent les extrémités opposées d'un spectre biologique : le cancer étant un état de prolifération cellulaire incontrôlée (échappant à l'apoptose), et la SLA un état de mort cellulaire prématurée (apoptose accélérée).

Cependant, certaines architectures génétiques complexifient cette dichotomie. Par exemple, des mutations du gène FUS (Fused in Sarcoma) – une cause connue de SLA familiale – sont également associées à certains liposarcomes. Dans ces cas, la même protéinopathie qui entraîne la mort des motoneurones peut aussi jouer un rôle dans la transformation oncogénique, suggérant que la « relation inverse » n'est pas universelle et dépend fortement de la voie moléculaire spécifique impliquée.

La SLA peut-elle être liée à une manifestation paranéoplasique?

Dans une étude publiée dans Brain Communications, Koropouli et ses collègues ont réalisé une méta-analyse des données individuelles de 163 patients afin de lever l'ambiguïté entourant le syndrome paranéoplasique de la SLA. Leurs résultats constituent une preuve de concept que la SLA peut effectivement être une manifestation paranéoplasique légitime.

Bien qu'habituellement j'accorde peu de crédits aux méta-analyses, voici les principaux enseignements de l'étude :

  • La similitude phénotypique : La SLA paranéoplasique peut se manifester sous forme de SLA, de sclérose latérale primitive (SLP) ou d'amyotrophie musculaire progressive (AMP), la rendant cliniquement indiscernable des formes idiopathiques sur la seule base de l'examen physique.

  • Le précédent temporel : Dans la majorité des cas, les symptômes neurologiques ont précédé le diagnostic de cancer. Ceci identifie la SLA comme un symptôme « sentinelle » potentiel de tumeurs malignes occultes, en particulier au niveau des poumons, des seins ou du système lymphatique.

  • Une vitesse d'évolution caractéristique : L'indicateur clinique le plus fiable d'une origine paranéoplasique était la progression rapide des déficits moteurs par rapport à l'évolution typique de la SLA idiopathique.

  • Des marqueurs immunologiques : Un sous-groupe significatif de patients présentait des marqueurs inflammatoires dans le liquide céphalo-rachidien (LCR), tels qu'une pléiocytose ou des bandes oligoclonales, ainsi que des anticorps onconeuronaux à haut risque comme SOX1.

Un impératif clinique : Le rôle des biomarqueurs néocancéreux dans le diagnostic de la SLA

L'importance majeure de l'identification d'une origine paranéoplasique aux symptômes de la maladie du motoneurone réside dans la possibilité de réversibilité ou de stabilisation. Alors que la SLA idiopathique demeure terminale et largement réfractaire au traitement, la maladie du motoneurone paranéoplasique peut répondre à une thérapie antinéoplasique intensive ou à une immunothérapie.

Par conséquent, l'étude souligne qu'une forte suspicion de syndrome paranéoplasique doit déclencher un bilan diagnostique rigoureux avant de poser le diagnostic définitif de SLA. En intégrant les biomarqueurs du néocancer dans l'algorithme de diagnostic, les cliniciens peuvent aller au-delà du phénotypage purement descriptif et s'attaquer aux facteurs immunitaires sous-jacents potentiels de la maladie, garantissant ainsi que les imitations traitables ne soient pas négligées dans l'ombre d'un diagnostic de SLA.

Développement de nouveaux neurones moteurs supérieurs

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Une avancée intéressante en neurosciences régénératives

Le texte présenté dans ce post décrit une avancée majeure en neurosciences régénératives : la possibilité de transformer un type spécifique de cellules de soutien cérébrales en neurones corticospinaux (NCS) hautement spécifiques et fonctionnels.

Ces neurones, également appelés motoneurones supérieurs, sont ceux qui meurent dans la SLA (maladie de Charcot) ou qui sont sectionnés lors de lésions de la moelle épinière, entraînant une paralysie permanente.

On sait depuis plus d'une dizaine d'années faire maturer in vitro des cellules souches vers des cellules matures, c'est-à-dire différenciées en morphologie et en rôle. On sait même transformer des cellules matures en cellules souches. Mais il s'agit là de « preuves de concept » ; le chemin est encore long pour transformer cela en thérapies commercialisables à grande échelle.

Le concept reste toutefois fascinant : au lieu de micro-actions chimiques sur des cellules vieillissantes, il s'agit de favoriser la création de cellules de remplacement jeunes. De plus, la SLA atteint des cellules qui ne sont jamais remplacées au cours de la vie : les neurones moteurs et les fibres des muscles squelettiques.

1. Résumé des principaux résultats

La recherche a identifié une population cellulaire spécifique, organisée en mosaïque dans le cerveau, appelée progéniteurs SOX6+/NG2+. Alors que ces cellules agissent généralement comme précurseurs des cellules gliales (cellules de soutien), l’étude révèle qu’elles sont « préparées au développement » — en quelque sorte préprogrammées — à devenir des neurones si elles reçoivent l’impulsion moléculaire adéquate.

Le cocktail « NVOF »

Les chercheurs ont développé un outil génétique multicomposant appelé NVOF (Neurog2, VP16-Olig2 et Fezf2). La population cellulaire spécifique identifiée dans cet article mature normalement en cellules gliales, c'est-à-dire des cellules de taille habituelle (quelques microns de diamètre), alors qu'un neurone moteur possède un axone pouvant atteindre plusieurs centaines de fois cette longueur. De plus, le rôle des cellules gliales n'est pas celui de neurone, mais de soutien et d'assainissement de la population neuronale.

Contrairement aux méthodes précédentes qui créaient des neurones « génériques », ce cocktail spécifique active le programme neurogénique dormant et supprime la voie naturelle de différenciation gliale. Le cocktail oriente les cellules vers un phénotype similaire à celui des neurones corticospinaux (NCS), avec des axones longs et des propriétés électriques caractéristiques.

2. Contexte : L’importance de la spécificité

Le texte souligne que remplacer des neurones par des versions génériques ne suffit pas. Dans les maladies neurodégénératives, seuls des sous-types neuronaux très spécifiques meurent (vulnérabilité sélective). Or, de nombreux neurones cultivés en laboratoire sont « confus » : ils expriment simultanément des marqueurs de plusieurs types cellulaires différents, ce qui les rend inadaptés comme médicaments contre la SLA.

L'avantage d'utiliser des progéniteurs locaux réside dans l'exploitation des cellules SOX6+/NG2+ déjà présentes dans le cortex, plutôt que de devoir transplanter des cellules souches, car :

  • Elles partagent le même site d’origine et la même lignée que les neurones perdus.

  • Elles n’ont pas besoin de migrer sur de longues distances dans le cerveau.

  • Elles sont déjà intégrées dans tout le cortex, prêtes à être reprogrammées précisément là où elles sont nécessaires.

De plus, la transplantation de cellules pose de nombreux problèmes et s'avère en général d'une très faible efficacité. Cette nouvelle publication ne se contente pas de décrire les gènes utilisés, elle se concentre sur la cinétique (la vitesse et la durée du signal) et détaille quand et comment les instructions génétiques sont transmises aux cellules. L'idée principale est que, pour créer un neurone sain, on ne peut pas simplement bloquer l'activation ; il faut imiter le rythme naturel du développement.

3. La méthode de transmission « hybride »

Les chercheurs ont constaté que différents gènes nécessitent différents mécanismes d'activation. Certains requièrent une activation rapide, tandis que d'autres nécessitent un flux continu. Le problème est que maintenir le gène Neurog2 (l'activateur) actif trop longtemps est toxique pour la cellule.

Pour résoudre ce problème les chercheurs ont utilisé de l'ARNm modifié. Contrairement à l'ADN, qui peut persister ou s'intégrer au génome, l'ARNm est transitoire. Il transmet les instructions, la cellule synthétise les protéines, puis l'ARNm se dégrade naturellement. C'est un mécanisme proche de celui des vaccins contre la Covid-19. Il se produit un pic d'expression protéique important en 12 à 24 heures, qui disparaît ensuite, imitant le comportement du gène chez l'embryon.

Le « flux continu » : ADN plasmidique (Fezf2)

Le gène Fezf2 (le promoteur de l'identité neuronale) doit rester actif tout au long de la vie du neurone. La solution a été d'utiliser de l'ADN plasmidique sous le contrôle d'un promoteur constitutif (appelé CAG), maintenant le gène actif indéfiniment.

Résultat : La cellule reçoit une impulsion temporaire pour devenir un neurone (via l'ARNm), mais aussi une instruction permanente pour rester un motoneurone (via l'ADN).

4. Sécurité et validation

Un point crucial est que la méthode par ARNm évite l'intégration dans l'ADN de la cellule cible. En thérapie génique traditionnelle, il existe un risque d'insertion d'ADN à un endroit inapproprié du génome (pouvant provoquer un cancer). L'usage de l'ARNm élimine ce risque d'altération génomique permanente, un indice majeur pour la sécurité de futurs essais cliniques.

Pour démontrer la faisabilité du traitement simultané, les chercheurs ont utilisé des marqueurs colorés :

  • La GFP (protéine fluorescente verte) pour l'impulsion (ARNm).

  • La tdTomato (protéine rouge) pour le flux continu (ADN). L'observation de cellules devenant à la fois rouges et vertes a confirmé qu'un seul traitement permet de délivrer des instructions complexes et synchronisées.

5. Thérapies futures : pistes et implications

Ce texte évoque une transition de la simple gestion des maladies cérébrales vers une réparation in situ (sur place). Cette avancée ouvre la voie à :

  • La création de cultures « pures » de NCS pour identifier des médicaments capables de stopper spécifiquement la dégénérescence.

  • L'utilisation d'ARNm synthétique pour stimuler les cellules NG2 du patient afin de les transformer en nouveaux motoneurones, sans chirurgie lourde ni transplantation.

Les auteurs soulignent que, bien que ces nouveaux neurones soient très proches des naturels, ils ne sont pas encore parfaits (présentant parfois des traits de neurones cortico-thalamiques). Les thérapies futures impliqueront probablement l'ajout de facteurs de croissance ou un ajustement plus fin du timing génétique pour garantir une maturité totale.

La maladie de Charcot progresse-t-elle par étapes?

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Pourquoi repenser le modèle « multi-étapes » dans la genese da la SLA

La sclérose latérale amyotrophique (SLA) est une maladie neurodégénérative dévastatrice qui prive progressivement les personnes atteintes de leur contrôle sur certains types de muscles. Malgré d'intenses recherches, les mécanismes précis à l'origine de la SLA restent largement un mystère. Pendant une dizaine d'années, une théorie, empruntée à la recherche sur le cancer, a guidé une grande partie de la réflexion : l'hypothèse pathogénique multi-étapes. Cette théorie suggére que la SLA, comme le cancer, résulte d'une série d'« événements » distincts – peut-être des mutations génétiques ou des expositions environnementales – qui s'accumulent au fil du temps.

Mais que se passerait-il si ce modèle largement accepté n'était pas celui de la SLA ? Des recherches récentes nous incitent à reconsidérer notre compréhension. enter link description here Le problème des indicateurs indirects : Quand la carte ne correspond pas au territoire

Notre principal défi pour comprendre la SLA réside dans notre vision limitée. Nous pouvons observer l'issue tragique – la dégénérescence des motoneurones – mais nous percevons rarement la chorégraphie biologique complexe qui y conduit.

Pour mieux comprendre l'évolution de la maladie, les scientifiques s'appuient parfois sur des indicateurs épidémiologiques, utilisant essentiellement des tendances statistiques dans l'incidence des maladies pour déduire les mécanismes biologiques sous-jacents. L'un de ces indicateurs est l'évolution de l'incidence d'une maladie avec l'âge. C'est sur ce point que l'hypothèse multi-étapes a trouvé son origine. Elle a observé que la relation entre l'incidence de la SLA et l'âge semblait suivre une « loi de puissance » – une tendance également observée dans les cancers, domaine où le modèle multi-étapes a vu le jour.

Si l'incidence de la SLA suit une loi de puissance, alors la SLA doit également être un processus multi-étapes. C'est une conclusion tentante, mais comme le suppose l'étude récente ci-dessus, elle est victime d'un sophisme courant : l'invertion de la cause et de la conséquence. Le simple fait qu'un processus multi-étapes aboutisse à une loi de puissance n'implique pas que tout processus produisant une loi de puissance soit nécessairement un processus multi-étapes. D'autres processus biologiques pourraient aboutir à la même conclusion statistique. Un nouveau regard : une différence exponentielle

L'étude en question a examiné de manière critique de vastes ensembles de données épidémiologiques sur la SLA. À l'aide d'un cadre bayésien (une méthode statistique permettant d'actualiser la probabilité d'une hypothèse à mesure que de nouvelles preuves sont disponibles), les chercheurs ont comparé la loi de puissance à une alternative : la fonction exponentielle.

Pourquoi la fonction exponentielle ? Parce qu'elle est couramment utilisée pour décrire les processus d'accumulation continue de dommages avec l'âge – pensons au vieillissement général ou à la mortalité toutes causes confondues, où les dommages s'accumulent progressivement plutôt que par étapes discrètes et séquentielles. Point crucial, la fonction exponentielle est incompatible avec le processus discret et multi-étapes décrit par le modèle d'Armitage-Doll.

Les résultats sont intéressants : l'augmentation de l'incidence de la SLA avec l'âge est mieux décrite par une fonction exponentielle que par une loi de puissance.

Cette découverte pourrait remettre en question l'hypothèse multi-étapes pour la SLA. Si les données ne correspondent même pas à la signature mathématique d'un processus à plusieurs étapes, il est peu probable que la réalité biologique sous-jacente en soit une.

Bien que le cadre bayésien ait été déterminant pour parvenir à cette conclusion, l'étude rappelle également les limites cruciales de la modélisation statistique : Le simple fait qu'un modèle « s'ajuste » bien aux données ne signifie pas qu'il soit biologiquement exact. De nombreuses fonctions mathématiques différentes peuvent sembler correspondre à un ensemble fini de points de données. Corrélation n'est pas causalité : L'étude souligne qu'il faut éviter de déduire un processus pathogène uniquement à partir d'exercices d'ajustement de courbes.

Cette recherche suggère que les efforts de recherche translationnelle sur la SLA devraient s’éloigner de la progression de la maladie pr a-coups ponctuels et se concentrer plutôt sur l’hypothèse d’accumulation continue de dommages, comme une érosion lente et inexorable.

En remettant en question les paradigmes établis et en testant rigoureusement des hypothèses alternatives, nous nous rapprochons d'une véritable compréhension de la SLA. C'est un parcours qui exige une grande flexibilité intellectuelle, une ouverture d'esprit et un profond respect pour les subtilités très complexes de la biologie.

SLA et dysfonctionnement de traduction

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La vulnérabilité sélective de certains muscles dans la SLA reste mal comprise, et la plupart des hypothèses se concentrent sur l'excitabilité, le métabolisme ou la protéostasie au niveau du corps cellulaire des motoneurones qui commandent ces muscles. Aucun essai clinique basé sur ces hypothèses n'a réussi à démontrer une certaine efficacité. De plus la SLA ne semble pas une maladie affectant seulement les motoneurones, de nombreuses autres types cellulaires sont aussi atteints de pathologies de type TDP-43.

Au cours de la dernière décennie, la recherche sur la SLA a donc de plus en plus convergé vers l'idée que la maladie n'est pas uniquement due à la mort des motoneurones au niveau du soma, mais aussi à des dysfonctionnements au niveau des axones et des synapses. L'idée que la SLA est une axonopathie a déjà été suggérée il y à une vingtaine d'années mais la technologie disponible alors ne permettait pas ce genre d'études.

Une nouvelle publication s'inscrit pleinement dans cette évolution en se concentrant sur la biologie axonale, la traduction locale et l'expression génique spatialement résolue, plutôt que sur les transcriptomes neuronaux globaux. Une altération progressive de la transcription expliquerait pourquoi la SLA est le plus souvent une maladie de personnes mures, meme chez les personnes porteuses d'une mutation.

  1. On ne trouve que là où l'on cherche

En effet une limitation majeure des premières études de transcription sur la SLA résidait dans leur recours au séquençage d'ARN de tissus entiers ou de corps (soma) de cellules, ce qui tend à masquer les altérations spécifiques à certaines régions et à certains compartiments cellulaires.

En étendant la résolution spatiale aux axones, cette étude va au-delà de la plupart des ensembles de données actuels sur la SLA, qui mettent encore principalement l'accent sur les modifications somatiques ou nucléaires. Ceci est particulièrement pertinent compte tenu des preuves de plus en plus nombreuses que l'axonopathie précède la perte neuronale dans les modèles de SLA.

  1. La traduction est locale et pas seulement dans le corps de cellule

Depuis quelques années on sait que la production de protéine se fait aussi le long de l'axone et dans les synapses, et pas seulement dans le corps de cellule. Cette production locale est indispensable car une distance considérable sépare les synapses à l'extrémité de l'axone, du corps du motoneurone. Certains travaux ont déjà impliqué des dysfonctionnements de transcription comme mécanisme causal de certaines formes de SLA. Cette idée gagne du terrain, mais reste sous-représentée dans les études consacrées à la SLA. Les travaux décrits dans cette nouvelle publication renforcent l'idée que la perturbation de la traduction axonale locale contribue directement aux mécanismes de la maladie.

  1. Mutations de FUS et stress traductionnel

Un dysfonctionnement de la production de protéine va engendrer un stress cellulaire qui va réduire la production de protéine pour pallier à ce problème. La SLA associée à FUS est de plus en plus perçue comme un trouble lié à une dérégulation de la liaison de l'ARN et à des interactions ribosomiques aberrantes, plutôt qu'à une simple perte de fonction nucléaire. L'observation selon laquelle la protéine FUS mutée modifie les niveaux axonaux de protéines ribosomiques et de facteurs de traduction concorde avec des découvertes récentes montrant que la protéine FUS mutée s'associe à des polyribosomes bloqués et à des granules de stress.

Surtout, cette étude suggère que le blocage des ribosomes dans les axones pourrait être un phénomène pertinent pour la maladie, étendant ainsi des observations antérieures réalisées dans les compartiments somatiques ou dans d'autres maladies neurodégénératives (par exemple, la maladie de Huntington). Ceci contribue à relier la SLA à un cadre plus large de stress traductionnel et de défaillance de la ribostasie.

  1. Quelle est la cause de ce dysfonctionnement et un axe thérapeutique émergent

Eif5a et sa modification unique par hypusination ont récemment suscité l'intérêt en tant que régulateurs des séquences difficiles à traduire et des pauses ribosomiques. Cependant, leur rôle dans la traduction axonale et la SLA est resté largement inexploré. En établissant un lien entre la protéine FUS mutante, l'activité réduite d'Eif5a et l'altération de la traduction axonale, ce travail identifie un axe mécanistique à la fois suffisamment spécifique pour être testé expérimentalement et suffisamment général pour être commun à de multiples modèles de SLA.

L'utilisation de la spermidine pour restaurer localement la fonction d'Eif5a dans les axones s'inscrit dans un intérêt croissant pour le ciblage des voies métaboliques et traductionnelles plutôt que de protéines toxiques isolées. Cette approche est en accord avec les stratégies de recherche actuelles sur la SLA, qui visent à renforcer la résilience neuronale plutôt qu'à supprimer directement les produits des gènes mutés.

  1. Polyamines et convergence des maladies neurodégénératives

Le métabolisme des polyamines est apparu comme un point de convergence entre le vieillissement et la neurodégénérescence. La pertinence de la spermidine dans les modèles de SLA, de maladie de Parkinson, de maladie de Huntington et de pathologie TDP-43 reflète une tendance plus large vers des voies de réponse au stress partagées, notamment le contrôle de la traduction et l'autophagie.

En démontrant des bénéfices dans les modèles basés sur FUS et TDP-43, cette étude s'inscrit dans les efforts visant à identifier des stratégies thérapeutiques intergénotypiques, un objectif clé compte tenu de l'hétérogénéité génétique de la SLA.

P7C3-A20 pourrait avoir un effet bénéfique sur la maladie d'Alzheimer

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Peut-on « restaurer » le cerveau atteint d’Alzheimer au moyen de NAD+ ?

La maladie d’Alzheimer (MA) a longtemps été considérée comme le « cimetière de la découverte de médicaments ». Pendant des décennies, les efforts se sont concentrés sur l’élimination des plaques amyloïdes, véritables « déchets » du cerveau. Il y a eu plus de 1500 essais cliniques sur la maladie d’Alzheimer. Cela représente des investissements colossaux en temps et en argent.

Il se dit que les scientifiques des entreprises du secteur recevoient une prime s'ils obtiennent un médicament candidat ayant franchi l'étape des études animales pour atteindre les essais cliniques chez l'humain. Un moyen d'obtenir « systématiquement » cette prime est de travailler sur des médicaments candidats pour les maladies neurologiques (par exemple, la maladie d'Alzheimer) car les modèles animaux pour ces maladies « guérissent » la maladie neurologique étudiée chez la souris, le rat, etc. Cela permet aussi d'induire en erreur les éventuels investisseurs.

Mais une étude récente et médiatisée sur un composé appelé P7C3-A20 déplace le débat : on passe du « nettoyage des déchets » à la « réparation du cœur même de la cellule ». https://www.cell.com/cell-reports-medicine/fulltext/S2666-3791(25)00608-1

Voici un aperçu de cette recherche des principes scientifiques qui la sous-tendent et des raisons pour lesquelles il convient de rester prudent.

La recherche met en évidence une baisse critique du NAD+ (nicotinamide adénine dinucléotide), une molécule indispensable à la production d’énergie et à la réparation cellulaire. Chez les patients atteints de MA et chez les souris « 5xFAD », les niveaux de NAD+ chuteraient de près de 45 % à mesure que la maladie progresse. Il ne s'agit que d'une simple corrélation qui est vrai pour des centaines d'autres molécules.

L'étude a testé le P7C3-A20, une molécule conçue pour normaliser les niveaux de NAD+. Les résultats obtenus chez les souris étaient tout apparement simplement « miraculeux ».

  • Inversion des pertes de mémoire : des souris présentant un déclin cognitif avancé auraient retrouvé la capacité d'apprendre et de se déplacer.

  • Réparation de la barrière hémato-encéphalique : la molécule aurait réparé la perméabilité de la barrière hémato-encéphalique (BHE), empêchant ainsi l'infiltration de toxines.

  • Atténuation de l'inflammation : les cellules immunitaires « toxiques » du cerveau auraient retrouvé un état protecteur.

  • Restauration de l'énergie : en réparant les mitochondries (les centrales énergétiques de la cellule), le médicament aurait permis au cerveau d'éliminer plus efficacement ses déchets amyloïdes et tau.

Le problème des « molécules miracles » : Est-ce trop beau pour être vrai ?

Lorsqu'un médicament agit simultanément sur cinq systèmes biologiques sans lien apparent — inflammation, mémoire, barrière hémato-encéphalique, dommages à l'ADN et repliement des protéines —, les scientifiques (et les patients) devraient se poser des questions essentielles.

  1. Le signal d’alarme du « pitch deck »

L’étude est remarquablement bien présentée, affichant tous les « succès » qu’un investisseur en biotechnologies pourrait souhaiter. Étant donné que certains des auteurs ont des liens avec les entreprises développant ces molécules, il existe un risque de « biais de publication », où seuls les résultats les plus parfaits sont rendus publics.

  1. Les souris ne sont pas des humains

Nous avons guéri la maladie d’Alzheimer chez la souris des centaines de fois. Cependant, les souris génétiquement modifiées développent une maladie en quelques mois qui a des poimts communs avec la maladie d’Alzheimer humaine mais posséde 1000 fois moins de neurones qu'un humaim. La maladie d’Alzheimer chez l’humain est un processus complexe qui s’étend sur 20 ans et qui implique le vieillissement, le mode de vie et la dégénérescence vasculaire. Ce qui fonctionne chez une souris de 12 mois échoue le plus souvent (toujours) chez un humain de 80 ans.

  1. Inversion ou régénération

Si la maladie d’Alzheimer détruit les neurones, comment peut-on l’« inverser » ? Cette publication ne prétend pas régénérer le cerveau. Elle suggère que de nombreux neurones « malades » ne sont pas morts ; qu'ils seraient simplement « mis en veille » par manque de NAD+ et que le P7C3-A20 réactiverait efficacement le réseau neuronal survivant. Cela n'est guére crédible, un cerveau de malade présente des zones clairement détruites.

Comparaison avec le NR et le NMN :

Vous avez peut-être entendu parler de suppléments stimulant le NAD+ comme le nicotinamide riboside (NR) ou le NMN. Bien que populaires, leur efficacité lors des essais cliniques chez l’humain pour la maladie d’Alzheimer n'a pas été prouvée.

Le NR et le NMN fournissent les « matières premières » (les briques). Si le fonctionnement du cerveau est altéré, il ne peut pas les utiliser. Les administrer à un cerveau malade revient à livrer des briques à un chantier où les ouvriers sont en grève. Le P7C3-A20 est différent : c’est un « activateur » qui cible les enzymes (les ouvriers) pour qu’elles utilisent plus efficacement le carburant disponible.

Conclusion

Les travaux sur le P7C3-A20 offrent une perspective fascinante, identifiant 17 protéines spécifiques « défectueuses » chez la souris et chez l’humain. Bien que cela puisse ressembler à une présentation commerciale pour un nouveau médicament, l'approche axée sur la résilience métabolique – rendre le cerveau plus résistant plutôt que simplement plus propre – représente un tournant intéressant dans la lutte contre la maladie d'Alzheimer.

En attendant les résultats d'un essai clinique de phase II chez l'humain, il nous faut nuancer notre espoir face à la réalité : le cerveau humain est une structure extremement complexe, et optimiser son fonctionnement est une tâche ardue.

Enfin un test objectif fiable pour détecter la maladie de Charcot

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Malheureusement, la SLA (couramment appelée maladie de Charcot) est difficile à diagnostiquer à un stade précoce.

Certains patients attendent plus d'un an entre l'apparition des premiers symptômes et le diagnostic précis de la SLA, et les deux tiers des patients atteints de cette maladie reçoivent initialement un diagnostic erroné. Les patients sont souvent orientés vers différents spécialistes avant d'être finalement examinés par un neurologue spécialisé dans la SLA. Pour mémoire il existe approximativement un centre spécialisé dans le mamagement de la SLA par région Francaise.

Par ailleurs certaines thérapies expérimentales semblent avoir un effet positif quand elles sont administrées précocement. Il y a donc un intérêt considérable à être dépisté très tot.

Un test diagnostique sanguin très précis

Une nouvelle publication décrit en détail le développement et la validation d'un test diagnostique sanguin très précis pour la sclérose latérale amyotrophique (SLA), utilisant des biomarqueurs microARN (miARN).

L'étude a porté sur un large échantillon de 788 individus (393 patients atteints de SLA et 395 témoins sains), soit un échantillon nettement plus important que dans les études précédentes. À l'aide d'un modèle de régression logistique basé sur six miARN spécifiques, le test a obtenu les résultats suivants :

  • 97 % de sensibilité (capacité à identifier correctement les patients atteints de SLA).

  • 93 % de spécificité (capacité à identifier correctement les individus sains).

  • 100 % de précision pour la SLA génétique : les 29 patients de l'étude présentant des mutations génétiques connues ont tous été correctement identifiés.

Avancées méthodologiques

Les chercheurs ont optimisé le test en passant de l'extraction de microARN à partir d'exosomes enrichis en neurones (NEE) à l'utilisation directe de microARN circulants dans le plasma sanguin. Ce changement offre plusieurs avantages :

  • Efficacité : Réduction de moitié du temps de traitement et de 60 % du volume de plasma requis.

  • Évolutivité : Élimination du besoin d'expertise technique pointue et possibilité d'utiliser des robots de manipulation de liquides (automatisation à haut débit).

  • Robustesse : Signal plus fort (variations d'expression plus importantes) pour des marqueurs spécifiques, facilitant l'interprétation des résultats.

  • Contrairement aux tests basés sur la détection de la protéine légère des neurofilaments (NfL), qui indiquent des lésions nerveuses générales mais ne sont pas spécifique à la SLA, cette « signature » ​​de microARN semble plus spécifique du processus pathologique sous-jacent de la SLA.

La combinaison d'une grande précision, d'un coût réduit et d'exigences de laboratoire simplifiées fait de ce test un candidat prometteur pour une utilisation diagnostique commerciale.

Bien sur, ce test nécessite est actuellement au stade académique de la « proof of concept », de nombreux travaux supplémentaires seront nécessaires afin de valider la signature par rapport à des maladies mimant la SLA et à d'autres affections neurologiques (comme la maladie de Wilson, des ataxies ou encore des affections consécutives à un SIDA) pour garantir une différenciation spécifique.

Néanmoins il s’agit là d'une avancée concrète, ce qui est très rare dans le domaine de la SLA.

Nouvelle perspective sur la SLA

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Nouvelle perspective sur la SLA : Comment les muscles réguleraient la protéine TDP-43 au niveau de la synapse.

Pendant de nombreuses années, la SLA liée à la SOD1 a été considérée comme un cas particulier au sein du spectre de la maladie : un sous-type de SLA où la protéine TDP-43, qui caractérise la pathologie de la plupart des cas de SLA, jouerait un rôle mineur, voire inexistant. Cette hypothèse est aujourd’hui remise en question. Une étude récente révèle que la protéine TDP-43 est fortement impliquée dans la SLA liée à la SOD1, mais d’une manière qui avait échappé aux observations précédentes : la pathologie se situerait non pas dans les corps cellulaires des motoneurones, mais dans les axones et à la jonction neuromusculaire (JNM).

Ce changement de perspective modifie notre compréhension de la pathologie précoce de la SLA et ouvre de nouvelles pistes thérapeutiques axées sur la synapse, voire sur le muscle lui-même. enter image description here Lorsque les pathologistes examinent les motoneurones spinaux de patients atteints de SLA liée à SOD1, les noyaux apparaissent généralement normaux : la protéine TDP-43 est toujours présente et les agrégats anormaux sont rarement observés. C’est pourquoi la SLA liée à SOD1 a été considérée comme « TDP-43 négative ».

Cependant, cette étude révèle que la situation est très différente en périphérie. Chez les patients atteints de SLA liée à SOD1 et dans les modèles murins SOD1 (G93A et G37R) : La protéine TDP-43 phosphorylée forme des agrégats dans les axones moteurs périphériques. La protéine TDP-43 s’accumule précocement à la jonction neuromusculaire, bien avant l’apparition des symptômes. Les corps cellulaires des motoneurones restent normaux, avec une protéine TDP-43 nucléaire intacte.

Ce schéma représente une forme non canonique de pathologie TDP-43. Les lésions sont concentrées au niveau des synapses au bout du très long axone, et non du soma. Cette distinction est importante car la SLA débute souvent par une dégénérescence régressive, la détérioration de la jonction neuromusculaire (JNM) précédant la mort des motoneurones. Les motoneurones dépendent fortement de la traduction locale pour le maintien des mitochondries, des vésicules et des éléments du cytosquelette. Un excès de TDP-43 à la terminaison inhibe ces processus.

Synthèse locale de TDP-43 : une vulnérabilité insoupçonnée

Les axones moteurs sont extrêmement longs et dépendent de la synthèse protéique locale pour maintenir leurs terminaisons. L’étude ci-dessus montre que la TDP-43 elle-même est une de ces protéines régulées localement. Dans des conditions normales, cette traduction est maintenue à un faible niveau.

Ce pool local de TDP-43 semble inoffensif lorsqu’il est étroitement contrôlé. Mais lorsque sa régulation est perturbée, l’axone devient vulnérable à un excès de TDP-43 et à sa capacité connue à inhiber la traduction de nombreux autres ARNm.

L'étude montre que muscle inhibe activement la TDP-43 présynaptique via les exosomes. Il n'est pas comme on le croyait jusque là, un acteur passif dans la biologie de la JNM. Le muscle libère des vésicules extracellulaires (VE) chargées de molécules régulatrices qui influencent l'axone moteur. Ces VE d'origine musculaire contiennent  miR-126-5p, un microARN qui réprime fortement la traduction de TDP-43, AGO2 et d'autres composants des voies de silençage de l'ARN.

Les axones moteurs de la jonction neuromusculaire (JNM) absorbent ces vésicules, ce qui contribue à contrôler la synthèse locale de TDP-43. Le muscle exerce ainsi une influence trans-synaptique protectrice sur le neurone.

Dans la SLA, ce système protecteur est défaillant.

Dans la SLA liée à SOD1, l'étude révèle une forte diminution du taux de miR-126-5p, lorsque le taux de miR-126-5p chute, l'inhibition de la production locale de TDP-43 est levée. Il y a alors une synthèse excessive de TDP-43 au niveau des terminaisons axonales présynaptiques, une diminution de la synthèse protéique locale et à terme une défaillance et dégénérescence de la jonction neuromusculaire (JNM). Les motoneurones sont structurellement fragiles. La longueur considérable de ces cellules les rend particulièrement dépendantes de la synthèse protéique locale. Un blocage localisé de cette synthèse peut entraîner une dénervation, même si le soma est intact.

Ce mécanisme établit un lien direct entre la dégénérescence précoce de la JNM et la toxicité du TDP-43, même lorsque ce dernier n’a pas encore quitté le noyau.

Inhibition de miR-126-5p au niveau de la jonction neuromusculaire

La toxicité de TDP-43 est généralement associée à sa perte nucléaire : TDP-43 quitte le noyau, ses fonctions normales de maturation de l'ARN sont altérées, et des lésions de l'ADN ou des erreurs d'épissage s'ensuivent. Cette étude met en lumière un autre problème : un excès local de TDP-43 peut être nocif même lorsque le TDP-43 nucléaire est intact.

Les auteurs ont testé leur hypothèse en bloquant la libération de vésicules extracellulaires (VE) par le muscle. Ces manipulations ont produit les mêmes effets que ceux observés dans la SLA : augmentation du TDP-43 axonal, réduction de la traduction locale et dégénérescence de la JNM. Fait important, l’administration d’ARNsi ciblant le TDP-43 a empêché cette dégénérescence, démontrant que la surabondance de TDP-43 au niveau de la synapse en est le facteur déterminant.

Stimuler le miR-126 peut améliorer la fonction de la jonction neuromusculaire (JNM)

Lorsque les chercheurs ont rétabli les niveaux de miR-126 chez des souris SOD1, la structure et la fonction de la JNM se sont améliorées et les marqueurs pathologiques ont diminué. Bien qu'il s'agisse d'expériences thérapeutiques préliminaires, elles ouvrent la voie à de nouvelles stratégies d'intervention agissant au niveau de la synapse plutôt qu'au niveau du noyau.

Implications thérapeutiques

L'étude suggère plusieurs pistes de traitement, chacune nécessitant une évaluation rigoureuse et réaliste, mai surtout le muscle plutôt que le neurone moteur devient une cible thérapeutique.

Traditionnellement, les traitements de la SLA ciblent le neurone. Or, le muscle apparaît comme un site d'intervention prometteur, car il régule naturellement l'homéostasie des protéines présynaptiques via les vésicules extracellulaires (VE). Étant donné que le blocage de la sécrétion des VE accélère la dégénérescence, le maintien d'un trafic sain de VE pourrait avoir des effets protecteurs. Si l'accumulation synaptique est un événement précoce et distinctif, les interventions visant à éliminer ou à réduire ces agrégats – y compris les stratégies antisens – pourraient s'avérer précieuses, même dans les types de SLA que l'on pensait auparavant indépendants de la protéine TDP-43.

Convergence entre les sous-types de SLA

Plus largement la découverte de la pathologie TDP-43 dans la SLA liée à SOD1 suggère des mécanismes en aval communs à plusieurs variantes de la SLA. Ceci pourrait permettre d'unifier les approches thérapeutiques plutôt que de les fragmenter selon le génotype.

Cette étude renouvelle notre compréhension de la protéine TDP-43 dans la SLA, en particulier dans les modèles SOD1. Au lieu d'un problème nucléaire au niveau du motoneurone, les lésions résultent d'une dérégulation de la traduction locale au niveau de la synapse. Le rôle habituel du muscle dans la limitation de la production de TDP-43 est altéré, ce qui permet la formation d'agrégats toxiques à la jonction neuromusculaire et affaiblit la connexion entre le nerf et le muscle.

En mettant en lumière un mécanisme précoce, agissant en dehors du système nerveux central, ces travaux ouvrent la voie à des stratégies thérapeutiques à la fois novatrices et potentiellement plus accessibles : la restauration du miR-126 d'origine musculaire, le soutien de la signalisation par vésicules extracellulaires et le ciblage du TDP-43 synaptique avant qu'il ne déstabilise l'ensemble de l'unité motrice.

Si de futures études confirment ces résultats, la jonction neuromusculaire – voire le muscle lui-même – pourrait constituer l'une des cibles les plus prometteuses pour une intervention précoce dans la SLA.

Il y a environ 15 000 articles scientifiques par an au sujet de la SLA et chaque année environ une cinquantaine de ces articles clament avoir fait un progrès décisif dans la lutte contre cette maladie. On pourrait se réjouir de cet intérêt scientifique et des ressources immenses qui seraient apparemment impliquées dans cette recherche.

En fait il y a une découverte majeure dans le domaine de la SLA seulement toutes les quelques années.

D'où vient cette différence entre ces deux faits? La publication d'articles scientifiques est un moyen d'obtenir des fonds et de faire progresser une carrière. Si un auteur veut publier rapidement un article, mais en évitant d'être scruté par des milliers de lecteurs, il est tentant de publier dans un domaine obscur où le nombre de spécialistes est très réduit par rapport à un domaine comme la recherche sur le cancer.

De plus, nombre de scientifiques ne lisent pas les articles publiés par leurs pairs, ils se contentent de lire l'abstract et appliquent des filtres mentaux. Il est alors tentant pour un auteur malhonnête de publier un abstract qui exagère considérablement les résultats obtenus. Et c'est sans compter le dossier de presse de l'université qui en général est tellement dithyrambique qu'il en est comique, sauf pour les malades et leur famille.

Diverses études ont montré qu'un tiers des articles scientifiques dans le domaine biologique/médical ne sont pas reproductibles.

L'article dont nous parlons aujourd'hui est un rafraichissement considérable par rapport à ces pratiques nauséabondes. Les auteurs, Morgan Highlander et Sherif Elbasiouny, y examinent une étude récente d'Ahmed et al.,

qui affirme qu'une forme de stimulation électrique spinale (« DCS multivoies ») améliore considérablement la survie et la fonction motrice chez la souris SOD1-G93A, un modèle de SLA. Bien que les effets rapportés semblent impressionnants – notamment une amélioration de la survie de 74 % –, les auteurs affirment qu'un examen détaillé de la méthodologie révèle plusieurs problèmes critiques qui fragilisent considérablement ces conclusions.

Utilisation trompeuse des indicateurs de survie

Le chiffre principal de l'étude (survie prolongée de 74 %) est basé sur le délai entre l'apparition des symptômes et l'arrêt du traitement, et non sur la durée de vie totale. Cet indicateur n'est pas une mesure standard de la survie dans la recherche sur la SLA et dépend fortement de la méthode de détection de l'apparition des symptômes – une évaluation qui peut être subjective. Lorsque la durée de vie totale est examinée directement, l'amélioration réelle n'est que d'environ 5 %, et non de 74 %.

Cela est évident quand on regarde les figures de l'article d'Ahmed et al. enter image description here Analyses statistiques contestables

Les auteurs de l'article d'Ahmed et al. appliquent des tests statistiques sans vérifier que les données respectent les hypothèses requises pour ces tests. Le groupe non stimulé ayant enregistré deux décès exceptionnellement précoces, le bénéfice de survie surestimé pourrait être largement dû à ces valeurs aberrantes.

Détection non validée et probablement tardive de l'apparition des symptômes

La date rapportée d'apparition des premiers symptômes semble bien plus tardive que celle généralement observée, ce qui suggère que les symptômes ont pu être détectés beaucoup trop tard.

Contradictions et incohérences dans les données supplémentaires

Une expérience supplémentaire, où la stimulation a débuté à un âge fixe, n'a montré aucun bénéfice en termes de survie.

Les résultats concernant la fonction motrice proviennent de seulement 8 des 48 animaux, sans explication des critères utilisés pour la sélection de ces 8 animaux. Aucun test statistique n'a été réalisé et le test de marche sur grille utilisé dans l'étude n'est ni standard ni validé pour les modèles de SLA. Les scores étant uniquement exprimés en fonction du « jour après l'apparition des symptômes », les résultats ne peuvent être comparés aux schémas d'évolution connus de la maladie.

Preuves histologiques insuffisantes L'analyse tissulaire, censée mettre en évidence une réduction des marqueurs de la maladie et la préservation des neurones, manque de précisions méthodologiques essentielles. Des éléments clés tels que la stratégie d'échantillonnage, les critères d'imagerie et les contrôles ne sont pas décrits. Certains résultats semblent clairement influencés par des valeurs aberrantes. Les contrôles de base (par exemple, la confirmation de l'identité des neurones ou la normalisation des signaux de fluorescence) sont absents. Globalement, les données histologiques n'apportent pas d'éléments probants en faveur des effets du traitement.

Conclusion

Morgan Highlander et Sherif Elbasiouny soutiennent que l’étude d’Ahmed et al. ne répond pas aux exigences de rigueur attendues dans la recherche préclinique sur la SLA. Le bénéfice en termes de survie est surestimé, les analyses statistiques sont erronées, la méthode de détection de l’apparition des symptômes n’est pas validée et les résultats fonctionnels et histologiques sont peu étayés.

Sachant que des résultats précliniques surestimés ont déjà contribué à l’échec d’essais cliniques sur la SLA, les auteurs, Morgan Highlander et Sherif Elbasiouny, insistent sur l’importance de méthodologies robustes et transparentes. Ils préconisent une révision substantielle de l’analyse et de la présentation des résultats de l’étude avant que sa valeur thérapeutique ne puisse être évaluée de manière fiable.

Vers un ralentissement de la maladie d'Alzheimer?

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Stocker une vie dans un cerveau

Comment le cerveau stocke t-il l'immense quantité d'informations auxquelles nous sommes confrontés dans un volume relativement restreint comme celui de l'hippocampe, constitue l'une des plus grandes énigmes des neurosciences. Comment le cerveau accède-t-il, sépare-t-il et organise-t-il des millions de souvenirs sans qu'ils ne se mélangent en un amas inutilisable? Et comment se fait-il que des malades d'Alzheimer oublie le nom de leur conjoint ou de leurs enfants, mais pas leur enfance?

La réponse réside dans un stockage hiérarchique et distribué par regroupement fonctionnel dynamique, où les souvenirs sont encodés non pas dans des neurones spécifiques, mais dans de vastes ensembles de neurones par le renforcement et la stabilisation dynamiques des circuits fonctionnels.

Le rôle des assemblages neuronal et du centre CA2

Le cerveau organise l'information en interconnectant des groupes fonctionnels de neurones via leurs synapses, ce que l'on appelle engrammes, qui agissent comme des « étiquettes » organisationnelles.

  1. Ce contenu est distribué : Le contenu d’un souvenir (par exemple, les caractéristiques visuelles, la voix, les faits sémantiques) est distribué dans plusieurs aires corticales spécialisées.

  2. L'hippocampe est une sorte de carte ou index de ces zones : L’hippocampe agit comme un index rapide et temporaire, reliant ces aires corticales distribuées pour former un souvenir cohérent.

Pour la mémoire sociale en particulier, un index crucial se situe dans une partie spécialisée de l’hippocampe appelée CA2. La région CA2 constitue le centre principal de la reconnaissance sociale dans le cerveau, encodant et maintenant la distinction entre les personnes familières et inconnues. Lorsque vous vous souvenez d’un membre de votre famille, le réseau neuronal spécifique qui représente cette personne est activé, guidé par l’index CA2.

Réseaux péri-neuronaux : Stabilisation du code social

La capacité à maintenir la netteté et la distinction de ces schémas de mémoire sociale uniques dépend fortement d’un composant structurel appelé réseau péri-neuronal.

Le réseau péri-neuronal est une structure spécialisée, dense et réticulaire, composée de la matrice extracellulaire (MEC) qui entoure les corps cellulaires et les dendrites proximales de certains neurones matures, notamment les interneurones inhibiteurs à parvalbumine (PV) à décharge rapide.

Le réseau péri-neuronal agit comme un frein moléculaire sur la plasticité synaptique, une fonction essentielle au maintien de la mémoire:

  • Consolidation des codes mémoriels : En se formant autour des interneurones PV dans la région CA2, les réseaux péri-neuronaux stabilisent la force synaptique des circuits qui encodent la mémoire de reconnaissance sociale. Ceci garantit la rétention à long terme de la familiarité.

  • Prévention des interférences : Les interneurones PV sont essentiels à l’inhibition ; ils suppriment l’activité des neurones environnants. En stabilisant ces cellules inhibitrices, les réseaux périneuronaux empêchent les interférences et maintiennent des frontières nettes et distinctes nécessaires au stockage de la mémoire.

Le lien avec la maladie d'Alzheimer

Il y a un lien connu depuis quelque temps entre les réseaux péri-neuronaux et la maladie d'Alzheimer.

L'un des symptômes les plus précoces et les plus dévastateurs de la maladie d'Alzheimer est la perte de la mémoire de reconnaissance sociale, soit la difficulté extrême à reconnaître les membres de sa famille et ses proches. La recherche a montré que ce déficit cognitif spécifique est souvent corrélé à la dégradation et à la perte des réseaux péri-neuronaux, notamment dans la région CA2 de l'hippocampe.

La théorie suggère que, lorsque les réseaux péri-neuronaux se dégradent, les interneurones PV inhibiteurs deviennent dysfonctionnels. Le « frein » moléculaire est relâché, entraînant la déstabilisation des circuits CA2. Les assemblages neuronaux distincts associés aux individus familiers ne peuvent plus être maintenus, ce qui provoque une interférence et un brouillage des codes de la mémoire sociale, rendant impossible la distinction entre les visages familiers et inconnus.

Par conséquent, le réseau péri-neuronal n'est pas un simple spectateur ; il constitue un élément clé de l'intégrité structurelle nécessaire au maintien des souvenirs spécifiques, catégorisés et vastes de notre monde social.

Réseaux péri-neuronaux ou plaques amyloïdes

De façon intéressante, certaines découvertes récentes suggèrent que la dégradation des réseaux péri-neuronaux, en particulier dans la région CA2, pourrait être un événement précoce et critique, indépendant de la formation locale de plaques amyloïdes. Ces recherches proposent que la perte de mémoire sociale dans la maladie d'Alzheimer pourrait être une conséquence directe de la dégradation des réseaux péri-neuronaux dans la région CA2, déstabilisant les circuits de la mémoire sociale, avant ou indépendamment du dépôt local et massif de plaques d'amyloïdes.

Ce point de vue complexifie la situation, suggérant que les réseaux péri-neuronaux résistent protègent les neurones qu’elles entourent des pathologies liées aux plaques, mais qu’ils finissent par être dégradées par certains processus pathologiques, ce qui entraîne une déficience cognitive importante et une progression des plaques amyloïdes.

Vers un ralentissement de la progression de la maladie Lata Chaunsali et ses collègues de Virginia School of Medicine ont utilisé le modèle murin 5XFAD de la maladie d'Alzheimer pour étudier le rôle des réseaux périneuronaux autour des neurones CA2 de l'hippocampe dans les troubles de la mémoire sociale associée à la maladie d'Alzheimer.

Les souris atteintes de la maladie d'Alzheimer présentaient une perturbation importante des réseaux péri-neuronauxs de la région CA2, associée à une altération de la mémoire sociale. L'inactivation génétique ou enzymatique des réseaux péri-neuronaux de la région CA2 chez les souris saines reproduisait ces altérations. L'analyse transcriptomique révèle une surexpression des métalloprotéinases matricielles (MMP) clivant les réseaux péri-neuronaux chez les souris atteintes de la maladie d'Alzheimer, induisant un déséquilibre entre la synthèse et le remodelage des réseaux péri-neuronaux.

Les auteurs ont alors testé si les inhibiteurs de MMP — une classe de médicaments déjà étudiée pour leur potentiel dans le traitement du cancer et de l'arthrite — pouvaient prévenir la perte des réseaux périneuronaux. L'ilomastat (code de développement GM6001 et nom commercial Galardin) est un inhibiteur de métalloprotéinases matricielles à large spectre.

Le traitement s'est avéré plutôt efficace, empêchant d'autres lésions et aidant les souris à conserver leurs souvenirs les unes des autres. L'inhibition de l'activité des métalloprotéinases matricielles (MMP) par le GM6001 a prévenu la perturbation des réseaux péri-neuronaux et protègé contre les déficits de mémoire sociale dans ce modèle murin de maladie d'Alzheimer. Évidemment il s'agit là d'une avancée vers un médicament qui ralentirait la progression de la maladie, mais les dégâts étant déjà présents, il est impossible de restaurer les souvenirs disparus.

Une interrogation demeure sur la cause de la destruction des réseaux péri-neuronaux par les métalloprotéinases. En général cela arrive à la suite d’évènements stressants imposant un remodelage des tissus. La recherche a donc des pistes intéressantes à creuser.

Globalement, cette étude fournit également des éléments convaincants que l'inhibition pharmacologique de la protéolyse du réseau péri-neuronal peut prévenir la perte de mémoire sociale, suggérant que les réseaux péri-neuronaux constituent une cible thérapeutique potentielle.

Les scientifiques n'ont pas une idée très claire sur la genèse (le prodrome) de plusieurs maladies neurodégénératives. Par exemple il y a un débat récurrent sur l'origine anatomique de la SLA, commence-t-elle à la jonction neuro-musculaire ou dans le cerveau. Ce débat naît du fait que souvent les symptômes de la SLA apparaissent à l'extrémité d'un membre et il semble naturel de penser que le maladie naît là et s'étend dans le reste du corps.

Cependant cela n'est pas l'opinion majoritaire qui suit celle du docteur Charcot formée il y a plus de 100 ans, que la SLA naît dans le cerveau. Chaque camp revendique avoir apporté des preuves ou au moins des éléments très convaincants de sa thèse, mais pour un observateur un peu sceptique aucun camp n'est réellement convaincant.

Une nouvelle étude affirme apporter la preuve que la SLA naît dans le cerveau.

En fait c’est la vieille (~40 ans) hypothèse de l’exitotoxicité qui resurgit une nouvelle fois.

Celle-ci suggère qu’une hyperactivité persistante des neurones moteurs supérieures est la cause de leur dégénération. Le glutamate est souvent impliqué par les scientifiques comme cause d’excitotoxicité, mais un médecin présentera le même phénomène de façon plus concrête :

  • Après un accident vasculaire cérébral (AVC) affectant le cortex moteur ou le faisceau corticospinal, certains neurones moteurs peuvent devenir hyperexcitables. Cela contribue à la spasticité et au clonus en phase chronique.
  • L'hyperthyroïdie peut augmenter l'excitabilité neuronale, affectant parfois le cortex moteur.
  • Certains médicaments ou toxines (par exemple, certains stimulants, les organophosphorés notamment utilisés dans l’agriculture, certaines plantes, l’alcool) peuvent abaisser les seuils d'activation neuronale.

  • La privation de sommeil sur une longue durée a aussi cet effet.

Dans le cerveau, les neurones moteurs supérieures envoient de longs axones jusqu'à la moelle épinière, où ils se connectent (directement ou indirectement) aux motoneurones inférieurs (neurones moteurs supérieuresI), qui contrôlent à leur tour les muscles. En conditions normales, les neurones moteurs supérieures équilibrent excitation et inhibition pour produire des mouvements fluides et précis.

Lorsque les neurones moteurs supérieures deviennent hyperexcitables, cet équilibre est rompu. Ils déclenchent trop fréquemment leurs signaux en réponse à des entrées normales, car leur seuil d'activation est anormalement bas. Ils peuvent alors générer des pics d'activité qui sur-stimulent les neurones connectés.

Les travaux des auteurs étayent l'idée que (chez la souris de laboratoire) l'hyperexcitabilité corticale n'est pas seulement une conséquence de la SLA, mais peut être un facteur principal de l'apparition et de la progression de la maladie. En effet les auteurs ont testé directement la causalité, et non la corrélation de ces évènements.

Les chercheurs ont utilisé une approche chimio-génétique DREADD pour rendre artificiellement les motoneurones supérieurs du cortex moteur, hyperexcitables pendant des mois chez des souris adultes par ailleurs en bonne santé. Cependant la méthode utilisée est peu sélective du type de cellule (infection par AAV). Non seulement les souris ont présenté des signes comparables à ceux de la SLA chez les humains, mais au niveau moléculaire il y a aussi des éléments convergents comme la formation d’aggrégats de protéine TDP-43 dans le cytoplasme.

Il y a toutefois des éléments étonnants dans cette étude, par exemple le temps de chute ne semble pas avoir beaucoup varié entre le mesure effectuée au début et celle effectué à la fin de l'étude. Et on peut s'interroger pourquoi le groupe des souris traitées n'a pas la même performance en matière de chute que les autres groupes au début de l'étude. enter image description here De façon similaire, la force des souris modifiés génétiquement est nettement plus basse au début du traitement qu’à la fin, c’est l’inverse de ce qu’on pourrait attendre d’une souris qui serait de plus en plus affaiblie. Et pourquoi ce groupe de souris aurait-il une force plus faible au début de l’expérience ? S’il n’y a pas de sélection à priori, les différents groupes de souris (traités et non traités) devraient avoir la même force.

Pour les auteurs l'hyperexcitabilité seule est suffisante pour produire des symptômes similaires à ceux de la SLA. C’est possible mais cela n’explique pas pourquoi la SLA apparaît en un endroit particulier de l’anatomie, ni n’explique les SLA causées par des anomalies génétiques. Par ailleurs on sait qu’un stress cellulaire persistant peut déclencher une SLA (ou d’autres maladies suivant les tissus atteints) quand la réponse cellulaire (ISR) est inadaptée.

Que conclure ? Les auteurs semblent être des stakhanovistes de la publication scientifique et avoir accès à des fonds conséquents. La plupart d'entre eux ont signé plusieurs articles par mois, quasiment tous les mois depuis des années. Cela semble carrément impossible dans le cadre d’une pratique professionnelle de qualité.


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